Quel potentiel local en énergies renouvelables à horizon 2030 au Pays de Lorient ?

Une étude de programmation énergétique a été réalisée pour identifier les gisements d'énergies renouvelables et de récupération (EnR&R). Filière par filière, elle évalue le potentiel de production.

Au total, cette production pourrait représenter 712 GWh à horizon 2030. Elle couvrirait ainsi 22,6% de la consommation du territoire contre à peine 4 % actuellement, à condition toutefois d’accentuer les efforts de maîtrise de l’énergie des secteurs consommateurs, dont en particulier le bâtiment.

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Article paru dans le Barographe n°26, février 2017

Sources

Etude de programmation énergétique Syndicat mixte pour le SCOT du Pays de Lorient

Contact

Rozenn Ferrec

Autres ressources

Diaporama de restitution du Groupe de travail énergie sur le site du SCOT du Pays de Lorient

Le Bois, première filière EnR

Les données régionales croisées avec l’étude des ressources mobilisables permettent de donner une estimation de l’accès au bois sur le territoire. Sa ressource potentielle actuelle est de 71 000 tonnes.

Une étude prévoit qu'à l’horizon 2030 le gisement net à l’échelle de la Bretagne aura augmenté de 11%. Une progression qui pourrait même atteindre 30% si l’on opte pour les principes d’une gestion dynamique progressive et durable. En appliquant cette hypothèse au Pays de Lorient, le gisement net en bois pourrait être de 90 000 tonnes à l’horizon 2030 pour une chaleur délivrée de 300 GWh.

Solaire : un gros potentiel

Le gisement de production d'énergie solaire dépend des surfaces disponibles en toiture pour l’implantation de panneaux solaires. Un coefficient de faisabilité à horizon 2030 a été évalué à 40 % des toitures bien orientées dans le résidentiel-tertiaire (15% thermique + 25% photovoltaïque). Avec ces hypothèses, le gisement net est de 43 GWh pour le photovoltaïque et 25 GWh pour le solaire thermique produits par an sur les bâtiments résidentiel-tertiaire.

Les surfaces de toitures industrielles ont été estimées à partir des surfaces d’emprise au sol des bâtiments industriels. En appliquant des facteurs de correction, ainsi qu’un coefficient de faisabilité de 20%, le gisement solaire sur les bâtiments industriel s’établit à 37 GWh pour le photovoltaïque.

L'éolien terrestre bridé par la réglementation

L'éolien terrestre est soumis à de nombreuses contraintes réglementaires : distance aux habitations, aux monuments, aux réseaux. Localement, il existe des contraintes fortes liées à la base aéronavale de Lorient. Pour développer cette énergie, un travail d’assouplissement des contraintes sera nécessaire. En considérant une hypothèse basse d’installation de 6 éoliennes de 2 MW de puissance, avec un facteur de charge de 23%, le potentiel de production de la filière éolienne terrestre s’élève à 24 GWh.

Côté éolien offshore, le projet pilote mené au large de Groix est à suivre avec intérêt. La zone de Groix a été sélectionnée pour expérimenter l’éolien flottant dans l’objectif d’une industrialisation de la filière. Le groupement retenu propose un parc de 4 à 6 machines de puissance nominale de 6MW, pour une production annuelle potentielle de 107 GWh. L’objectif de mise en service a été fixé à 2019.

La filière méthanisation reste à construire

La méthanisation est basée sur la dégradation de la matière organique par des micro-organismes en conditions contrôlées. Elle aboutit à la production de biogaz et d’un produit humide riche en matière organique pour compost. Cette énergie renouvelable peut être utilisée sous différentes formes : combustion pour la production d’électricité et de chaleur, production d’un carburant, ou injection dans le réseau de gaz naturel après épuration.

Cette filière permettrait de valoriser les déchets fermentescibles du territoire : déchets agricoles et agro-alimentaires, déchets verts, boues de stations d’épuration et matières de vidange… Le gisement correspond à l’énergie récupérable par traitement de la biomasse méthanisable disponible sur le territoire. Sur le Pays de Lorient, le gisement net, considéré comme réellement collectable d’ici 2030, est évalué à 28 600 tonnes de matières sèches. Ce qui correspond, avec un rendement de 85 %, à une production annuelle de 71 GWh.

Hydroélectricité : compléter l'existant

Des installations hydroélectriques sont envisageables sur les rivières, là où existent des obstacles créant une hauteur de chute et un débit suffisants. Quatre centrales de production sont déjà en fonctionnement totalisant une puissance de 3 MW pour une production moyenne de 15 GWh.

Trois nouveaux obstacles répondent aux conditions technico-économiques actuelles (tarifs de l'électricité) et pourraient voir le jour dans les prochaines années. Ce nouveau gisement net d'hydroélectricité représente 700 kW de puissance cumulée, soit une production électrique annuelle de l’ordre de 3.5 GWh. Avec les installations existantes (Inzinzac-Lochrist et Quistinic), le potentiel du Pays de Lorient s'élève à environ 19 GWh.

La chaleur fatale : une énergie à récupérer

La chaleur fatale est la chaleur dégagée par les processus de transformation industrielle : fumées de combustion, compresseurs, générateurs de froid, fours, etc.
Le Pays de Lorient serait le quatrième gisement brut de chaleur fatale de Bretagne. Les deux communes les plus concernées sont Lorient et Lanester, qui concentrent 40 % du gisement brut. L'étude propose comme objectif de récupération de chaleur fatale le chiffre de 22 GWh.

Thalassothermie, aquathermie et géothermie

La thalassothermie ou l’aquathermie de surface consistent à utiliser la chaleur de l’eau de mer ou des rivières comme source tempérée d’une pompe à chaleur pour produire de l’énergie. En considérant que l’ensemble des sites identifiés pourront être équipés d’ici 2030, le potentiel en puissance installée atteint 15.8 MW pour une production de 23 GWh.

L'aquathermie sur les réseaux d’eaux usées est une autre possibilité. Elle consiste à récupérer les calories de l’eau par un échangeur thermique. L’installation peut ensuite alimenter un bâtiment collectif ou un petit réseau de chaleur. Elle peut aussi être utilisée pour produire de l'eau chaude sanitaire (ECS), notamment pour les bâtiments neufs peu consommateurs. En considérant les 4 stations d’épuration les plus importantes, le potentiel de production de chaleur de l’aquathermie sur eaux usées s’élève à environ 8 GWh.

Enfin, la géothermie concerne les nappes d’eau souterraine et sols peu profonds dont on extrait de la chaleur via des pompes à chaleur. Les bâtiments résidentiels équipés d’une chaudière au fioul ont été identifiés comme cible prioritaire. On considère que 10% de ces maisons pourraient être équipées d’ici 2030 correspondant à un gisement de 2000 installations capables de couvrir une consommation de 32 GWh.