Mer et littoral : une approche globale

Pêche, chantiers navals, éolien offshore, énergies marines, tourisme, qualité de l’eau... Sans oublier érosion marine et risques de submersion.

La mer et les zones côtières sont des atouts économiques, parfois contradictoires, et des milieux fragiles à préserver. D'où l'intérêt vital pour le Pays de Lorient d'une future Gestion intégrée des zones côtières (GIZC), en cours de définition.

L'histoire du Pays de Lorient est intimement liée au monde maritime. La Ville est née, s’est construite, étendue, développée avec la mer. Le territoire y trouve sa cohérence du fait d’une situation géographique singulière : les vallées principales convergent vers un large bassin naturel ouvert sur le monde marin, la Rade de Lorient. Celle-ci regroupe les activités économiques essentielles au territoire.

Une vision à long terme

La mer et la côte n’en restent pas moins des milieux fragiles. La préservation de l’équilibre ressource/développement est donc au coeur des politiques publiques qui, elles mêmes, concernent une multitude d’acteurs et d’usagers.
D'où l'intérêt d'une approche globale avec une vision à long terme et une ambition partagée. C’est la raison d’être d’une gestion dite "intégrée" de l’espace maritime et côtier, ou GIZC.
La notion de GIZC résulte de la prise de conscience, lors de la conférence sur l’environnement de Rio en 1992, qu’un développement durable des espaces marins littoraux ne pouvait résulter que d’une approche globale. La GIZC, c’est en quelque sorte, l’agenda 21 local de la mer et du littoral. L’Union Européenne l’a préconisé, la région Bretagne, avec l’État, l’ont promu et encouragé en apportant une aide financière et en favorisant les échanges entre porteurs de projet. Outre le Pays de Lorient, une douzaine de projets de GIZC sont en cours.

SCoT : un volet mer

Signe visible de cette nouvelle approche, le prochain schéma de cohérence territoriale (SCoT) du pays de Lorient, dont l’approbation est prévue à l’horizon 2016, comportera un "volet mer". Cette démarche décentralisée appliquée à l’espace maritime est nouvelle.

Elle s’inspire de celle portée par l’État, le schéma de mise en valeur de la mer (SMVM) dont seulement quelques exemples existent en France.
Le volet mer exprimera la volonté de la collectivité locale de gérer durablement l’espace et les ressources correspondant à l’interface terre mer. La GIZC comprend donc à la fois une stratégie inscrite dans un document d’urbanisme avec une vision à long terme et des actions opérationnelles portées dès à présent par les communes et la communauté d’agglomération, en particulier la lutte contre l’érosion marine et les risques de submersion.

La profondeur des mers de la zone côtière du Pays de Lorient
La profondeur des mers de la zone côtière du Pays de Lorient

Jusqu'aux 12 miles

Le périmètre proposé pour la mise en oeuvre d’une gestion intégrée de l’espace littoral et maritime se fonde sur un territoire qui regroupe l’ensemble de la façade maritime comprise entre le Pays d’Auray au Sud et le Pays de Cornouaille au Nord, jusqu’aux limites des eaux territoriales.
Le périmètre du volet mer du SCOT peut dans un premier temps au moins s’appuyer sur le domaine public maritime défini à partir de la ligne dite des “12 miles”, considérant toutefois qu’il peut le dépasser si les circonstances l’exigent et couvrir toute ou partie de la zone économique exclusive, au delà de cette limite des 12 miles.

GIZC : des sujets à traiter

Les points nécessitant une démarche prospective ainsi qu’une concertation entre acteurs.

  • Nouvelles activités : comment impulser un nouveau développement économique à partir d’activités existantes et de savoir-faire (pêche, commerce, chantiers navals, ...), nautisme, éolien offshore et énergies marines ?
  • Espaces portuaires : comment conforter le port de commerce, le port de pêche, le pôle course au large et le nautisme en général ?
  • Accueil d’un parc éolien offshore : comment le concilier avec les autres activités existantes, comment tirer parti des retombées économiques sur terre ?
  • Accessibilité de la rade : elle nécessite un dragage régulier et par conséquent un traitement des matériaux prélevés. Aujourd’hui ils sont rejetés ou immergés en mer au large de l’ile de Groix. Quelles sont les solutions, à quels coûts, quelles échéances ?
  • Activités liées à la pêche : le poids économique de la pêche pour le pays de Lorient est considérable et nécessite une stratégie intégrant plusieurs enjeux liés à l’énergie (prix du carburant, renouvellement du parc des chaluts), à l’accès aux ressources (atteinte du rendement maximal durable), à la commercialisation, à la communication et à l’espace. Sur ce dernier enjeu, l’intérêt du volet mer du SCoT est d’identifier en vue de les traiter, les zones de conflits entre activités concurrentes existantes, ou potentielles (éolien, plaisance, etc.)
  • Place du tourisme : quelles actions à poursuivre ou mettre en place ?
  • L’urbanisation du littoral : quelle place pour l’urbanisation des communes littorales ?