Dix ans d'évolution de l'agriculture

L'étude détaillée du recensement général de l'agriculture effectué en 2010 et la comparaison avec les chiffres de l'année 2000 donnent la mesure des mutations du monde agricole et fait ressortir les spécificités propres au pays de Lorient.

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Sources :

données MSA 56 2012, INSEE RP 2009, Traitements : AudéLor

Contact :

Rozenn Ferrec

Télécharger l'étude :

Communication n° 53, pdf, 1.4 Mo, juin 2013

Autres ressources :

Emplois et productions agricoles
Agriculture biologique et diversification en 2010

Chiffres repères

Population

Superficie (ha)

Hab/km²

Pays de Lorient

214170

85500

250

Pays de Vannes

201650

152300

132

Pays d'Auray

85368

60600

141

Pays de Rennes

455480

114500

398

Pays de St Malo

162130

110700

147

Une agriculture présente sur tout le pays de Lorient

En 2010, le RGA* recense sur le pays de Lorient 759 exploitations. L’activité agricole reste répartie sur tout le pays de Lorient. Elle est présente dans l’intérieur, mais aussi, malgré les contraintes, sur l’espace périurbain ou littoral. 

Les exploitations agricoles sont plus présentes au nord du territoire, avec une densité forte dans les communes situées au nord de l’A82. Languidic, Bubry, Plouay ou Inguiniel comptent plus de 50 exploitations.

Entre 2000 et 2010, le pays de Lorient a vu le nombre de ses exploitations baisser (-35%) dans des proportions semblables aux territoires Bretons.

Cette baisse ne signife pas une agriculture à la peine, mais elle marque la poursuite des mutations agricoles : regroupement des exploitations et diminution du nombre de petites exploitations.

Evolution du
nombre d'exploitations

2000

2010

évolution
2000-2010

Pays de Lorient

1169

759

-35%

Pays de Vannes

2639

1630

-38%

Pays d'Auray

900

501

-44%

Pays de Rennes

2296

1536

-33%

Pays de St Malo

2224

1405

-37%

Morbihan

11779

7556

-36%

Bretagne

51219

34447

-33%

La réorganisation de la profession agricole se traduit, par rapport au nombre d’exploitations, par une diminution beaucoup plus mesurée des chefs d’exploitations (-16% en UTA**, unité de travail annuel). Cette baisse est beaucoup plus contenue sur le territoire que sur le Morbihan (-20%) et la Bretagne (-19%) et que sur les autres pays comparés (écarts de 6 à 9 points observés en dehors du Pays de Rennes).

Par ailleurs, le pays de Lorient a connu une bonne augmentation du nombre de salariés (+19%), plus importante que dans le Morbihan (+17%) et sur la Bretagne (+10%).

Par rapport aux territoires comparés, le pays de Lorient est par ailleurs celui dont la part des salariés est la plus importante (20%), soit 1 personne sur 5 qui travaillent dans les exploitations. Les autres pays ont une part des salariés qui peut être deux fois moins importante (Vannes et Auray).
Pour l’ensemble de la France la part du salariat est aussi moins importante : 17%.

À noter l'influence positive des nouveaux marchés de l'agriculture (1), circuits courts et diversification, qui sont plus développés ici et génèrent davantage d'emplois.


Forte de cette baisse mesurée des chefs d’exploitations et d’une augmentation importante du salariat, la population active agricole du pays de Lorient subit moins la perte d’emplois dans les exploitations que les autres territoires. Ainsi le pays de Lorient voit sa population active baisser de 19% alors que les autres territoires sont plus proches d’une perte de 30%.

 

(1) voir la page consacrée aux nouveaux marchés

Des exploitations moins nombreuses, qui se réorganisent

Plus de moyennes et grandes exploitations
Plus de moyennes et grandes exploitations

En 2010, 570 exploitations composent le champ des moyennes et grandes exploitations (champ que l’on peut rapprocher des exploitations professionnelles). Elles représentent 75% des exploitations en 2010 contre 66% en 2000 sur le pays de Lorient et atteint le niveau de l’ensemble de la Bretagne. Cette professionnalisation est encore plus marquée sur le pays de Lorient (les autres pays comparés restant sous les 70%). En France les moyennes et grandes exploitations ne représentent que 64% des exploitations totales.

 

Ces exploitations moyennes et grandes occupent 94% de la SAU du pays de Lorient, les proportions sont du même ordre sur les autres territoires bretons comparés. Ainsi si la SAU moyenne de toutes les exploitations est de 47 ha de
surface agricole utile en 2010 (32.6 ha en 2000) elle est de 59 ha pour les exploitations moyennes et grandes (comme sur les autres territoires comparés).

Des exploitations davantage organisées en société

Par ailleurs les exploitations se sont fortement organisées en société (EARL : Exploitation agricole à responsabilité limitée et GAEC : Groupements d’exploitation en commun) passant de 23% des exploitations en 2000 à 44% en 2010. Le même phénomène s’observe sur l’ensemble des territoires bretons avec toutefois une part plus marquée sur le pays de Lorient


La SAU occupée par les exploitations organisées en société est de plus en plus importante. Elles composaient moins de la moitié de l’espace agricole en 2000, alors qu’elles occupent les deux tiers en 2010.

Les grandes exploitations en surface

Avec le regroupement, la part des exploitations dont la SAU est supérieure à 50 ha a fortement augmenté sur tous les territoires observés. Sur le pays de Lorient, elles représentaient 28% des exploitations en 2000 pour 43% en 2010. Le pays de Lorient est celui où cette part est la plus importante parmi les territoires observés.

Alors qu’elles représentent un peu moins de la moitié des exploitations, celles dont la SAU est supérieure à 50 ha occupent 81% de la SAU du pays de Lorient avec une moyenne de 88 ha (la moyenne en France est de 80 ha). Le pays de Lorient est aussi le territoire où ces exploitations occupent le plus de surface agricole utile (différence de 2 à 4 points avec les autres territoires observés).

Ainsi le pays de Lorient présente des SAU moyennes par commune assez importantes. Dix communes sur trente ont une SAU moyenne des exploitations supérieure à 50 ha et cinq de ces communes sont littorales.

 

 

Un potentiel économique important sur tout le territoire

La production brute standard (PBS) décrit le potentiel de production des exploitations selon leur surface et leur cheptel. Une exploitation est considérée comme petite si sa PBS est inférieure à 25 000 € (assimilée à une exploitation non professionnelle), moyenne si sa PBS est comprise entre 25 000 et 100 000 €, grande au-delà de 100 000 €.

Sur le pays de Lorient, la PBS moyenne des exploitations en 2010 est de 166 000 €, soit une progression de 34% sur 10 ans moins forte que sur le Morbihan (45%) et la Bretagne (40%).
La PBS moyenne des exploitations d’Inguiniel est la plus  importante, suivie de Languidic (commune qui compte le plus d'exploitations avec 123 sièges), puis Merlevenez. C’est aussi sur ces trois communes qu’on trouve le plus d’élevages, mesurés en unités gros bétail (UGB).
La carte montre par ailleurs une agriculture littorale et périurbaine assez dynamique avec une PBS moyenne supérieure à 100 000 € sur Ploemeur, Plouhinec, Quéven et Kervignac. Elle est même supérieure à 150 000 € sur Guidel, Caudan et Riantec.

Un enjeu de renouvellement des générations

Près d’un quart des chefs d’exploitation ont plus de 55 ans.

Le pays de Lorient connait, comme l’ensemble de la Bretagne et du Morbihan, un vieillissement de sa population agricole. Quant à la structure par âge des chefs d’exploitation, la diminution des agriculteurs de moins de 40 ans est spectaculaire sur l’ensemble des territoires bretons et plus particulièrement sur le pays de Lorient (qui en comptait aussi davantage que sur les autres territoires).

En 2000 la classe d’âge des 40 à 54 ans est la plus importante sur le pays de Lorient et est proportionnellement plus forte aussi que sur les autres territoires (59% contre environ 55% voire moins). Les agriculteurs de plus de 55 ans ont une part plus faible sur le pays de Lorient qu’ailleurs (23% contre 25% dans les pays de Vannes, d’Auray et du Morbihan, 31% dans les pays de Rennes et Saint Malo et 26% en Bretagne).

 

(*) : RGA : Recensement Général Agricole
(**) UTA : Unité de travail annuel : mesure en équivalent temps complet du volume de travail fourni par les chefs d'exploitations et co-exploitants, les personnes de la famille, les salariés permanents, les salariés saisonniers et par les entreprises de travaux agricoles intervenant sur l'exploitation.
Cette notion est une estimation du volume de travail utilisé comme moyen de production et non une mesure de l'emploi sur les exploitations.