Gros plan sur le marché de l'hôtellerie

Quels moteurs ? Quelles perspectives ?

À partir des tendances récentes, d'interviews des acteurs et des chiffres disponibles, AudéLor cerne les caractéristiques du secteur de l'hôtellerie du Pays de Lorient. Bien que relativement modeste, ce marché se révèle solide et il dispose d'une marge de progression.

>> Une capacité en hôtels relativement limitée mais un taux d'occupation satisfaisant.

 

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Article paru dans le Barographe n°18,  juillet 2012

Sources

 CDT, MORGOAT

Traitement

AudéLor

Contact

Gilles Poupard

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Le marché de l'hôtellerie dans le Pays de Lorient, AudéLor, Communication n°48, 34p, mai 2012 (pdf, 6 Mo)

Autres ressources

Portail de veille stratégique d'AudéLor (Netvibes)


Une densité plutôt faible

Le parc hôtelier du Pays de Lorient compte 50 hôtels, dont 9 hôtels de plus de 50 chambres. Il représente au total 1425 chambres, soit 5,7 chambres pour 1 000 habitants.

Cette densité est relativement faible. Elle est inférieure de 2,21 points à la moyenne bretonne. Dans le Morbihan, le Pays de Lorient représente moins de 20 % des chambres d’hôtels alors qu’il réunit 30 % de la population.

La faiblesse de la densité hôtelière est la conséquence d'un développement touristique moins marqué comparé aux pays d’Auray (Carnac, Quiberon, belle Ile…) et de Vannes. On retrouve cette même différence au niveau de la gamme. Sur le Pays de Lorient, les hôtels 3 et 4 étoiles ne représentent que 15 % des chambres alors que la moyenne du Morbihan s'établit à 29 % et celle du Pays d’Auray à 40 %.

Morbihan : offre hôtelière en nombre de chambres
Morbihan : offre hôtelière en nombre de chambres


Un mieux qualitatif

L’offre hôtelière du Pays de Lorient est située pour l’essentiel en milieu urbain : 40% en centre urbain et 37 % en zones d’activités périphériques. Le reste se répartit entre la campagne, 8 % (118 chambres), et le littoral, 15 % des chambres. L’offre s’est stabilisée en volume mais améliorée en qualité au cours des dernières années grâce aux nouveaux hôtels et à la rénovation de l'existant. Le parc va devoir poursuivre son adaptation, notamment sous la pression des nouvelles exigences réglementaires ou législatives :

  • Accessibilité aux personnes handicapées pour tous les établissements recevant du public au 1er janvier 2015.
  • Sécurité des hôtels au 1er janvier 2012
  • Réforme du classement touristique des hôtels au 22 juillet 2012.


Principal moteur : l’activité "affaires"

La demande adressée aux hôtels du Pays de Lorient se situe à un niveau moyen. Avec 370 000 nuitées par an, le Pays de Lorient est au 8e rang breton.

Cette demande est majoritairement orientée affaires (61% en 2011) et axée pour l'essentiel sur l'entrée de gamme : 1 et 2 étoiles. La clientèle affaires ne se limite pas aux commerciaux ou aux participants aux salons et congrès. Les nuitées pour motif professionnel ou économique proviennent également des grands chantiers de construction (Nayel, hôpital... et demain quartier gare ou Péristyle), des relations entre établissements d’une même entreprise ou des séjours de clients, partenaires ou fournisseurs des entreprises locales.
La DCNS est une source importante de nuitées au plan local. Cinq mille salariés de DCNS (venant des sites de Cherbourg, Indret, Paris...) ont ainsi passé la nuit dans un hôtel du Pays de Lorient en 2010. Avec les partenaires du groupe DCNS, le total des nuitées DCNS peut être estimé à 15000 par an, soit un chiffre approchant le nombre de nuitées générées par le Festival Interceltique.

La demande progresse

La demande augmente de façon sensible ces dernières années : +35 000 nuitées en 4 ans (+10,4%), soit +8500 en moyenne par an.
Elle est tirée vers le haut par l’activité affaires qui passe de 53% des  nuitées en 2007 à 61% en 2011.
Sur la période, les nuitées affaires ont progressé de 43000 quand les nuitées touristiques diminuaient de 10700.

L’évènementiel est une autre source de développement. Il génère 40 000 nuitées par an (hôtels et résidences de tourisme) dont 18 000 pour le seul Festival Interceltique. L'évènementiel affaires ne représente, lui, que 10% du total des nuitées affaires.

Évolution des nuitées dans les hôtels du Pays de Lorient
Évolution des nuitées dans les hôtels du Pays de Lorient


Un taux d’occupation élevé

En 2011, le taux d’occupation des hôtels est de 60 % dans le Pays de Lorient soit le taux plus élevé des pays bretons. Il dépasse ceux des Pays de Rennes (58,4 %) et St Malo (58,8 %) et devance de 5,5 points la moyenne bretonne. En 2010, le taux d’occupation des hôtels du Pays de Lorient était au 2e rang avec 56 %, contre 58,7 % dans le Pays de Rennes.

Ce taux d’occupation moyen ne doit toutefois pas occulter la fragilité de certains hôtels ayant des taux d’occupation inférieurs à 50% (considéré comme le seuil de rentabilité). De plus, des investissements importants ont été réalisés ces dernières années dans les hôtels, ce qui peut affecter leur rentabilité.

Le taux d’occupation des hôtels, qui avait baissé pendant la crise, est remonté en 2010 et 2011. Il est aujourd’hui supérieur de 4 points à son niveau de 2007 alors qu'il a diminué de 1,7 point en moyenne bretonne.

Taux d'occupation des hôtels en Bretagne
Taux d'occupation des hôtels en Bretagne


Des perspectives plutôt favorables

Les perspectives semblent favorables, avec des développements possibles dans trois directions :

  • Pour l’hôtellerie affaires si la tendance récente se confirme (+8500 nuitées par an).
  • Pour des hôtels atypiques ou particulièrement attractifs en eux-mêmes. C'est vraisemblablement le cas du projet d’hôtel lié à la Thalasso à Larmor-Plage. Il constitue un facteur de renforcement de l’attractivité et de développement de l’hôtellerie haut de gamme.
  • À plus long terme pour le tourisme en lien avec un renforcement du Pays de Lorient comme destination touristique. Un schéma touristique est en cours d’élaboration par Lorient Agglomération, qui vise notamment à identifier les axes de développement. Le projet Bretagne Grande Vitesse mettant Lorient à moins de 3 heures de Paris peut constituer un facteur important de développement, notamment sur les courts séjours très en vogue aujourd'hui (city break).