L'emploi maritime résiste grâce à la diversité

AudéLor a actualisé l'étude sur l'emploi maritime dans le Pays de Lorient. Son enquête auprès de plus de 200 entreprises permet de cerner les évolutions survenues depuis fin 2009.
En trois ans, les six pôles qui constituent l'économie maritime locale ont connu des fortunes diverses. Globalement, le secteur s'est renforcé en nombre d'emplois.

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Sources/traitements:

AudéLor enquête 2012

Contact :

Gilles Poupard

Télécharger la note technique :

Les emplois maritimes du Pays de Lorient (Communication n° 56, Juillet 2013 pdf 2,9 Mo)

Autres ressources :

 Barographe n° 20 (Juin 2013, pdf, 5 Mo)

 Portail de veille stratégique d'AudéLor (Netvibes)

13 500 emplois dans six pôles

L’économie maritime représente 13 500 emplois, soit 16% des emplois du Pays de Lorient. Elle regroupe six pôles avec des compétences, clients, fournisseurs et statuts différents. Pour autant des passerelles existent entre nautisme et réparation navale, entre pêche et réparation navale, nautisme et tourisme...

Ces points de convergence constituent des opportunités de développement pour le territoire.

Bilan positif pour 3 pôles

Depuis fin 2009, la construction navale du pays de Lorient a créé 400 emplois supplémentaires. Une croissance qui doit beaucoup à DCNS avec son programme de frégates multi-missions (+305 emplois) et aux répercussions sur la sous-traitance. Parmi les autres entreprises créatrices d’emplois, citons Timolor, Solorpec et les Forges Le Béon.
Les produits de la mer sont également en croissance avec +250 emplois. Cité Marine en est le principal moteur. L’entreprise de Kervignac spécialisée dans les poissons panés a augmenté ses capacités de production en investissant dans un second site de production à proximité du premier. Express marée et Capitaine Houat se développent aussi, mais à un niveau plus modeste.
Sur la période, l'effectif de la Marine nationale a fortement augmenté. Il atteint 3500 personnes, soit 1000 de plus qu’il y a 3 ans en lien avec la restructuration de la Défense et l’arrivée à Lann Bihoué des flottilles anciennement basées à Nîmes Garons.

Evolution des effectifs entre 2009 et 2012 (Source AudéLor)
Evolution des effectifs entre 2009 et 2012 (Source AudéLor)

Plus de pêche, moins de fret

Le port de pêche de Lorient Keroman est le 2e port de pêche français derrière Boulogne. Son activité progresse de 2009 à 2012. Elle s’accroît en volume de 4800 tonnes (+ 22 %), en valeur de 12,5 millions d’euros (+20 %).
À l’inverse, le port de commerce de Kergroise a vu son fret diminuer. Il baisse de 75 000 tonnes (-2,9 %) du fait d’une diminution des produits pétroliers et des minéraux.

Le pôle Course au large revigore le nautisme

Depuis 2009, le nautisme a subi de plein fouet la crise économique.
250 emplois ont été perdus en 3 ans sur le Pays de Lorient. Trois entreprises de plus de 20 salariés ont fermé (Alliaura, Alliage et Catlantech) et des restructurations importantes ont touché Plastimo et Arcoa.
Sur cette période, le pôle Course au large a connu une haute activité avec la Volvo Ocean Race, le trimaran Banque Populaire V, le développement de la classe MOD 70 et la préparation du Vendée Globe 2012. Installé sur le site de l’ancienne base des sous marins, son poids économique a été étudié par AudéLor en avril 2013.
Le pôle Course au large regroupe aujourd’hui 10 teams et plus de 50 skippers attirés par la qualité de la rade et des infrastructures mises à disposition, ainsi que par la synergie entre professionnels. Les projets de course au large représentent 110 emplois directs. Ils dépensent plus de 11 millions d’euros chaque année sur le territoire. Ces dépenses portent notamment sur la conception, la construction et l’entretien des bateaux. Elles impactent 50 entreprises locales qui représentent 206 emplois indirects.
Outre ses effets bénéfiques sur l'économie, le pôle Course au large est un facteur de rayonnement du territoire.

Des moteurs de croissance renouvelés

Parmi les pôles maritimes, c’est le nautisme qui était le principal créateur d’emplois sur la période 2003-2009. De 2009 à 2012, hors Marine nationale, ce sont les produits de la mer et la construction navale qui ont pris le relais.
Le rythme de créations d’emplois annuel est passé de +110 emplois/an de 2003 à 2009 à +170/an de 2009 à 2012. Avec 500 emplois salariés privés supplémentaires durant ces 3 ans, l’économie maritime a contribué de manière significative à la résistance à la crise du Pays de Lorient.

Evolution de l'emploi dans l'économie martitime (Source : AudéLor)
Evolution de l'emploi dans l'économie martitime (Source : AudéLor)

Les difficultés de recrutement persistent

Les entreprises maritimes ont opéré 600 recrutements en 2011 (à 70 % dans la construction navale), pour l'essentiel des remplacements ou des départs en retraite. Parmi les entreprises interrogées, 45 % ont déclaré des difficultés de recrutement soit un chiffre proche de celui enregistré en 2010 (40 %).
Les métiers les plus concernés sont les fileteurs (produits de la mer), les stratifieurs (nautisme) et les charpentiers soudeurs (navale). Pour les entreprises, les deux principales raisons sont le manque de personnes formées et le manque de motivation ou de savoir être des candidats.

Dynamisme et vulnérabilité

L’économie maritime du Pays de Lorient est globalement dynamique. Même si les implantations se sont réduites en temps de crise, le Pays de Lorient et notamment le pôle Course au large ont continué à attirer des entreprises extérieures (Teem, Rom arrangé, Oman Sail...). Par ailleurs, des entreprises locales sont en expansion ou se positionnent sur des projets d’avenir (éolien flottant, navire du futur, économie verte, pêche durable...).
Par contre, on observe des points de vulnérabilité : réglementations européennes et prix du gazole pour les produits de la mer, évolution de la clientèle du nautisme, concurrence exacerbée et dépendance des budgets
de la défense pour la construction navale...

Complément : Présentation des principaux chiffres de l'étude