Crise en Bretagne : des disparités entre les pays bretons

AudéLor et le réseau des agences d’urbanisme et de développement ont analysé, en mars 2013, l’impact de la crise économique sur l'emploi et le chômage dans les pays bretons.

D'où il ressort des disparités marquées entre les territoires de notre région.

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Sources/traitements:

 ACCOSS, URSSAF, INSEE, Réseaux des agences  bretonnes

Contact :

G. Poupard

Télécharger la note technique :

Les Pays bretons dans la crise (pdf, 1,4 Mo)

Autres ressources :

Portail régional de l'INSEE

Portail de veille stratégique d'AudéLor (Netvibes)

L'ouest le plus touché

En 4 ans, la Bretagne a perdu 10 000 emplois salariés (source Urssaf), soit une baisse de 1,2%. Mesuré entre juin 2008 et juin 2012, ce choc se traduit par des impacts différents selon les territoires. Aux deux extrêmes, le pays de St-Brieuc perd 2 500 emplois tandis que celui de Vitré en gagne près de 1000.

Bretagne : évolution de l'emploi 2008/2012
Bretagne : évolution de l'emploi 2008/2012

Huit pays connaissent de fortes baisses, avec plus de 800 emplois perdus. Ce sont les pays de Saint-Brieuc, Guingamp, Trégor-Goëlo, Morlaix, Centre Ouest Bretagne et Cornouaille, tous situés à l’ouest de la région, auxquels il faut ajouter ceux de Rennes et Vannes. À l’exception de Brest, où la baisse est limitée, tous les pays à l’ouest d’une ligne Dinan-Lorient connaissent une forte chute de leur effectif salarié, et particulièrement le nord de cette zone.

À l’inverse, huit pays bretons enregistrent des créations d’emplois sur la même période. Vitré, Brocéliande, Lorient et centre Bretagne (Loudéac) enregistrent les croissances les plus fortes avec au moins 500 emplois gagnés.

L'observation de la masse salariale apporte un éclairage supplémentaire. Sur les pays de Rennes et Brest, en valeur, les créations d’emplois qualifiés font mieux que compenser les pertes, pourtant plus nombreuses, d'emplois non qualifiés.

Informatique : évolution de l'emploi 2008/2012
Informatique : évolution de l'emploi 2008/2012

L'effet sectoriel

La baisse de l’emploi dans la construction, l’intérim ou l’immobilier est quasi généralisée dans les pays bretons. Par contre, les pertes d'emplois de l'agroalimentaire se concentrent à l’ouest de notre région.
De même, les baisses d’effectifs dans l’industrie automobile ou la fabrication électronique ne concernent que les territoires où ces activités sont dominantes.
On retrouve des disparités spatiales lorsqu'on observe les créations d’emploi. Le nombre d'emplois dans l’aide à domicile ou le commerce de détail progresse surtout à l’est. Le dynamisme du secteur informatique touche surtout Rennes et Brest et, dans une moindre mesure, Lorient et Lannion.

Bretagne : évolution du chômage 2008/2012
Bretagne : évolution du chômage 2008/2012

L’évolution du chômage dépend de plusieurs critères

De fin 2007 à fin 2012, le nombre de demandeurs d’emploi a progressé de 52 865 en Bretagne, soit une très vive progression (+60,8 %). Le taux de chômage augmente de 2 points, passant de 7% à 9%. La hausse du nombre de demandeurs d’emploi varie de +40% (pays de Lorient) à +95% (Centre Bretagne-Loudéac). Elle dépasse 80 % dans les pays de Vitré, Fougères, Vallons de Vilaine, Brocéliande, Loudéac et Pontivy.

La perte d'emplois n'est pas la seule explication de la hausse du chômage. Dans certains pays, le chômage s’accroît fortement car la population active est en forte hausse et subit l’impact de la baisse d'activité des bassins voisins. Ailleurs, le chômage augmente peu alors que l’emploi se dégrade car la population active est stable ou en baisse.