Les 10 principales aires urbaines bretonnes : des échanges privilégiés avec les Pays de la Loire et importants avec Paris (Octant Analyse n° 62)

Plus intenses en Bretagne qu’en moyenne nationale, les relations entre aires urbaines s’effectuent de façon privilégiée au sein de la région mais aussi avec les aires urbaines des Pays de la Loire. Les échanges démographiques et économiques avec l’aire urbaine parisienne sont également nombreux mais ne constituent pas une spécificité régionale compte tenu du poids de la capitale.

L’armature urbaine bretonne fonctionne donc en lien étroit avec les Pays de la Loire et la région parisienne. Un quart voire un tiers des échanges s’effectue avec les autres grandes aires urbaines françaises prises dans leur ensemble, mais sans connexion forte avec l’une d’entre elles.

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Sources :

Insee, recensements 2008 et 2009, Clap Lifi 2010, Sirene 2009-2011

Rédaction :

- Audrey Naulin (Quimper Cornouaille Développement),
- Gilles Poupard (Audélor),
- Olivier Léon (Insee)

Réalisation :

Partenariat, Insee, ADEUPA, AudéLor, AUDIAR, CAD22, Quimper Cornouaille Développement

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Octant Analyse n°62 (Pdf, 2 Mo, faire un clic droit sur le lien, puis enregistrer sous... en cas de difficulté d'affichage)

Autres ressources :

La géographie des échanges privilégiés des 56 aires urbaines bretonnes (Octant Analyse n° 63)
Atlas du Pays de Lorient (AudéLor, 2009)
Atlas de Bretagne Sud (Audélor, Quimper Cornouaille Développement 2013)
Portail de veille stratégique d'AudéLor (Netvibes)

L’armature urbaine bretonne (ADEUPa, Audélor, Audiar, Quimper Cornouaille Développement , Côtes d’Armor Développement - 2012 123 p)

Bretagne Sud [Repères] Novembre 2016

Ce travail réalisé par les trois agences d’urbanisme et de développement de Bretagne Sud : VIPE Vannes, Quimper Cornouaille Développement et AudéLor, complète et actualise l’atlas de Bretagne Sud ( décembre 2013) et l’économie
en Bretagne Sud tendances récentes ( février 2015).

Il présente les repères statistiques et cartographiques du territoire Bretagne Sud constitué des 3 zones d’emploi de Vannes, Lorient et Quimper, mais n’a pas vocation à être exhaustif.

Les travaux d’observation à venir permettront aux trois agences de compléter et d’enrichir ce document.

Au sommaire : chiffres clés, Population, Enseignement supérieur, Emploi, Fonctions métropolitaines, Flux

Contact AudéLor : Gilles Poupard

 

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Sources 

DIRO 2014, BD GEOFLA, IGN 2013

Rédaction

- Fabienne Colas, VIPE Vannes
- Guillaume Cherel, Quimper Cornouaille Développement
- Gilles Poupard, AudéLor
- Jean-Christophe Dumons, AudéLor

Réalisation

AudéLor, Quimper Cornouaille Développement, VIPE Vannes

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Bretagne Sud [Repères] Novembre 2016

Autres ressources


Atlas du Pays de Lorient (AudéLor, 2009)
Atlas de Bretagne Sud (Audélor, Quimper Cornouaille Développement 2013)

L’armature urbaine bretonne (ADEUPa, Audélor, Audiar, Quimper Cornouaille Développement , Côtes d’Armor Développement - 2012 123 p)

 

 

 

 

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Des échanges inter-aires urbaines plus nombreux pour les aires urbaines bretonnes

Les aires urbaines, définies comme les aires d’influence des villes de par les navettes domicile-travail qui s’y opèrent, concentrent également de nombreux autres flux reliant les territoires. Accès aux commerces et équipements, flux économiques, migrations résidentielles… constituent ainsi d’autres vecteurs d’échanges s’effectuant majoritairement au sein des aires urbaines. Toutefois, même s’ils restent minoritaires, les échanges entre aires urbaines atteignent des volumes significatifs et, ce, particulièrement en Bretagne. Ils permettent de décrire avec robustesse la façon dont les villes tissent des réseaux d’échanges.

Ainsi, au départ ou à l’arrivée des 10 plus grandes aires urbaines bretonnes, on enregistre, vis à vis des aires urbaines de plus de 100 000 habitants au niveau national, plus de 230 000 migrations résidentielles entre 2003 et 2008, près de 40 000 flux domicile-travail en 2009 et plus de 2 000 transferts d’établissements en 2011. Par ailleurs, les salariés des entreprises dont le siège est situé dans une autre aire urbaine représentent 160 000 équivalents temps plein.

Les connexions entre aires urbaines sont plus importantes en Bretagne qu’en moyenne nationale. Parmi les aires urbaines de plus de 100 000 habitants, la part des échanges externes s’élève (figure 1) à 14 % pour les migrations résidentielles, 30 % pour les transferts d’établissements et 55 % pour les migrations résidentielles d’étudiants contre respectivement 6 %, 12 % et 29 % en moyenne nationale. Concernant les flux domicile-travail, les relations inter-aires urbaines sont en forte progression sur la dernière décennie.

Un réseau privilégié d’échanges entre Bretagne et Pays de la Loire

L’analyse des aires urbaines entretenant entre elles des relations plus importantes que ce que leur poids démographique respectif laisserait augurer, conduit à identifier des réseaux d’échanges privilégiés, bien souvent basés sur la proximité.

S’agissant des 10 plus grandes aires urbaines bretonnes, le périmètre de ces réseaux varie selon la nature des échanges : il comprend les principales aires urbaines de Basse et Haute-Normandie pour les migrations résidentielles mais pas pour les navettes domicile-travail, ni pour les transferts d’établissements (figure 2).

Cependant, un noyau dur indépendant du flux étudié et composé des principales aires urbaines de Bretagne et des Pays de la Loire apparaît. Ce réseau privilégié d’échanges constitue l’un des 5 à 8 réseaux nationaux (figure 2) identifiés selon le flux étudié (encadré méthodologie).

Hormis les relations siège-établissements qui sont de plus longue distance, les 10 plus grandes aires urbaines bretonnes entretiennent logiquement des relations nourries entre elles (de 20 % à 50 % des flux inter-aires urbaines) (figure 3).

Compte tenu de la configuration péninsulaire de la région et de l’organisation circulaire de ses aires urbaines et ses réseaux de transport, chaque aire urbaine bretonne entretient des relations privilégiées avec ses deux voisins les plus proches. Pour autant, le volume des échanges avec les aires urbaines des Pays de la Loire est également conséquent, parfois même d’une importance comparable avec les échanges entre aires urbaines bretonnes, sauf pour les flux de proximité que sont les navettes domicile-travail.

Le poids particulier de Nantes

Ce système urbain de l’Ouest se forme notamment du fait du poids important de Nantes dans les relations externes des aires urbaines bretonnes : quel que soit le type de flux, plus de 7 % des échanges entre aires urbaines s’effectuent avec Nantes pour origine ou destination.


L’aire urbaine nantaise joue un rôle encore plus significatif pour 6 des 10 aires urbaines bretonnes étudiées (figure 4) y compris celles présentant un certain éloignement géographique avec la capitale ligérienne.

C’est le cas de Lorient pour les migrations résidentielles, transferts d’établissements et relations siège-établissements, de Saint-Brieuc pour les transferts d’établissements et relations siège-établissements, de Quimper pour les migrations résidentielles et relations siège-établissements et Brest pour les transferts d’établissements. Rennes et Vannes, plus proches géographiquement, sont logiquement les plus connectées à l’aire urbaine nantaise.

Des relations également avec Laval, Saint-Nazaire et Angers


Outre la forte relation avec l’aire urbaine de Nantes, les territoires bretons sont également connectés aux autres aires urbaines ligériennes, lesquelles représentent de 4 % à 10 % des relations inter-aires urbaines selon les flux. Ainsi, pour les migrations résidentielles, Rennes entretient des relations privilégiées avec Angers, et Fougères avec Laval. Pour les flux domicile-travail, des connections fortes apparaissent aussi entre Fougères et Laval, mais également entre Rennes et Laval, ainsi qu’entre Vannes et Saint-Nazaire. Concernant les flux économiques, de nombreux échanges existent entre Vannes et Angers ou encore entre Quimper et Saint-Nazaire.

Des échanges également intenses entre les villes bretonnes et l’aire urbaine parisienne

Les aires urbaines bretonnes entretiennent également des échanges importants avec l’aire urbaine parisienne. Toutefois, contrairement aux connexions privilégiées identifiées avec les Pays de la Loire, ce constat ne se révèle pas spécifique à la Bretagne. Compte tenu de son poids démographique et de son rôle de métropole de niveau international, la capitale entretient en effet des relations importantes avec la majorité des grandes aires urbaines françaises.

Les échanges entre les aires urbaines bretonnes et l’aire urbaine parisienne sont très denses, en particulier dans le domaine économique et pour les migrations résidentielles (figure 5). Elles sont toutefois plus limitées pour les seules migrations résidentielles des étudiants, ainsi que pour les navettes domicile-travail. Les aires urbaines les plus en relation avec Paris sont Rennes, Lannion, Vannes, Brest, Saint-Malo et Saint-Brieuc mais les 10 aires bretonnes sont concernées. Les liens les plus forts pour les migrations résidentielles concernent Rennes, Lannion, Saint-Brieuc et Vannes.

S’agissant des transferts d’établissements, les échanges les plus intenses sont enregistrés avec Rennes, Saint-Malo et Vannes. Pour l’aire de Rennes, les flux sont même plus importants avec Paris qu’avec les autres aires urbaines bretonnes. Pour les relations siège-établissements, Lannion, Rennes et Brest sont les plus liées à Paris.

À l’exception de Rennes et Brest, les migrations résidentielles inter-aires urbaines les plus importantes avec Paris sont celles qui concernent les retraités : plus de 40 % pour Lannion, Saint-Brieuc, Vannes et Quimper. Pour Rennes et Brest, le premier flux « migratoire » est celui des cadres (plus de 30 %). Il atteint également 30 % à Saint-Malo. Les relations avec Paris sont plus limitées pour les étudiants avec un maximum de 16 % pour Rennes.

Entre un quart et un tiers des relations se font avec les autres aires urbaines françaises, sans connexion forte avec l’une d’entre elles

Hormis pour les flux de proximité que sont les navettes domicile-travail, les relations avec les autres aires urbaines (hors Pays de la Loire et Paris) représentent entre un quart et un tiers des échanges (figure 3), avec des volumes significatifs : près de 78 000 migrations résidentielles, plus de 38 000 relations siège-établissements ou encore près de 600 transferts d’établissements.

En particulier, les connexions avec les principales aires urbaines françaises (Strasbourg, Lille, Lyon, Marseille, Bordeaux, Nice et Toulouse) représentent environ 10 % des échanges des aires urbaines bretonnes, soit une proportion relativement faible au regard des moyennes nationales. Les migrations résidentielles s’effectuent principalement avec Bordeaux, Lyon et Toulouse. Les relations siège-établissements les plus nourries s’observent avec Lille puis Lyon, tandis que des transferts d’établissements s’observent fréquemment avec Bordeaux, puis Lyon.

L’aire urbaine de Rennes polarise une grande partie des échanges avec les autres grandes aires urbaines : 50 % pour les relations siège-établissements, 44 % pour les migrations résidentielles et 39 % pour les transferts d’établissements. Brest rassemble également près de 20 % de ces migrations résidentielles et 15 % de ces relations siège-établissements, tandis que Vannes est concernée par 17 % de ces transferts d’établissements. Pour ces 3 types de flux, Lorient en concentre environ 10 %.

Selon les flux, des échanges plus ou moins importants existent également avec les aires urbaines normandes. Celles-ci représentent 2,6 % des transferts d’établissements des aires urbaines bretonnes, 2,9 % de leurs relations siège-établissements, 3,1 % de leurs déplacements domicile-travail, et plus de 5 % de leurs migrations résidentielles. Ces liens se font préférentiellement avec Caen.

Les connexions avec les autres aires urbaines françaises sont très diffuses même s’il existe quelques liens spécifiques. Ainsi, Brest et Lorient entretiennent des relations privilégiées avec Toulon, en lien avec la Marine et la DCNS, notamment pour les migrations résidentielles et dans une moindre mesure les déplacements domicile-travail. Des migrations résidentielles importantes s’effectuent également entre Rennes et Tours, Orléans, Montpellier et Grenoble. Concernant les relations siège-établissements, Rennes est connectée de façon significative (plus de 500 liens) avec Annecy, Grenoble, Orléans et Tours, et Vannes avec Clermont-Ferrand.

Nantes puis Rennes comme principales polarités du système urbain grand ouest


Lieu d'échanges privilégiés, le système urbain formé par les aires urbaines de Bretagne et des Pays de la Loire dispose de son propre fonctionnement interne.

Les aires urbaines de Nantes et Rennes en sont les principales polarités (figure 6), au sens où elles sont le réceptacle de flux importants et en provenance de la quasi-totalité des autres aires urbaines. Angers, Saint-Nazaire de par sa centralité, et Brest malgré sa périphéricité apparaissent également comme des pôles secondaires drainant également un nombre important de flux. Ensuite, Lorient, Le Mans et Vannes complètent cette architecture.

Contexte de l’étude

En 2011 et 2012, le réseau des agences bretonnes a mené une analyse détaillée de l’armature urbaine de notre région (« L’armature urbaine bretonne » novembre 2012). Ce travail s’est appuyé sur une synthèse bibliographique, un séminaire réunissant des spécialistes du sujet et une analyse statistique des trajectoires des aires urbaines bretonnes durant la décennie 2000. La question des relations et des échanges entre territoires n’avait pu alors qu’être effleurée. C’est pourquoi, en 2013, dans un contexte législatif marqué par l’Acte III de la décentralisation et la création des métropoles, le réseau des agences a souhaité travailler en partenariat avec l’INSEE sur l’analyse des flux entre aires urbaines bretonnes mais également entre le réseau breton et le système urbain national.

Méthodologie


La méthode utilisée pour constituer les réseaux privilégiés d’échanges entre aires urbaines est issue de la théorie des graphes. Le territoire est partitionné en fusionnant de manière itérative des aires urbaines entretenant des relations privilégiées. Au départ, chaque réseau ne contient qu’une aire urbaine. À chaque tour, les deux réseaux les plus proches sont fusionnés. On s’arrête, lorsqu’une grandeur théorique, la modularité, atteint son maximum. La modularité se calcule par différence entre la somme des flux internes d’un réseau et la somme des flux reliant les mêmes aires urbaines de ce réseau si les flux étaient aléatoires mais reliant les mêmes entités.

Dans cette étude, différents types de flux ont été étudiés :

  • domicile-travail (recensements 1999 et 2009) : total et déclinaison selon les fonctions de production, présentielles, métropolitaines et transversales ;
  • migrations résidentielles (recensements 1999 et 2008) : total et déclinaison selon étudiants, retraités, actifs occupés, ouvriers, employés ;
  • transferts d’établissements (Sirene 2009-2011) ;
  • liaison siège d’entreprise-établissement d’implantation (Clap-Lifi 2010) : effectifs en équivalents temps-plein ;
  • résidences principales-résidences secondaires.

L’analyse a été menée sur les aires urbaines de plus de 40 000 habitants en Bretagne et 100 000 habitants dans les autres régions.

La présente analyse résulte d’un partenariat entre l’Insee et les agences d'urbanisme bretonnes.

http://www.insee.fr/fr/regions/bretagne/