La Mission locale du Pays de Lorient accueille chaque année plus de 4000 jeunes de 16 à 25 ans et les accompagne dans leur itinéraire d'insertion sociale et professionnelle.

  • Comment vivent-ils cette insertion ?
  • Quels sont leurs parcours et leurs besoins ?

Résultats d'une enquête auprès de 200 jeunes.


L'info > 89% des jeunes sont satisfaits de l’accompagnement par la Mission locale

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Article paru dans le Barographe n°22, juin 2014

Sources

Enquête Mission Locale - AudéLor

Contact

Rozenn Ferrec

Autres ressources

Les jeunes accompagnés par la Mission Locale du Pays de Lorient. Communication n°67, juin 2014


Au centre du parcours d'insertion, la formation

Parmi les jeunes interrogés, 43% ont un niveau bac et plus. Ce taux est relativement proche de celui constaté pour l’ensemble des jeunes du Pays de Lorient (49%) ou l’ensemble des jeunes demandeurs d’emploi du Pays de Lorient (51%).


Fin 2013, 12% des jeunes interrogés sont en formation dont 40% en alternance.
Mais, au total, au cours des deux dernières années, ce sont 53% des jeunes (102 sur 196) qui ont suivi ou suivent une formation. Ceux qui ont suivi une formation sont moins souvent (35%) au chômage que ceux qui n’en n’ont pas suivi (43%). Une fois sur deux, les formations suivies permettent une élévation du niveau de qualification. En deux ans, 25% des jeunes ont élevé leur niveau de qualification.

32% des jeunes enquêtés souhaitent se réorienter. Une fois sur deux, il s’agit de jeunes au chômage et particulièrement dans la restauration et les services aux particuliers. Les ouvriers de l'industrie ou du bâtiment sont moins enclins que la moyenne à se réorienter (23% et 25%).

Une insertion difficile et non-linéaire

La moitié des jeunes (51%) sont en emploi fin 2013. Le nombre de jeunes en CDI est un peu plus élevé que celui en CDD ou intérim. Les femmes ont moins souvent accès à l’emploi avec un écart de 8 points par rapport aux hommes. Le taux de chômage des jeunes enquêtés s’élève à 37%. Il est nettement supérieur au taux moyen de chômage des jeunes sur le bassin de Lorient (autour de 25%) et il est particulièrement élevé (57%) pour les sans diplôme.

Le processus d’insertion n’est pas linéaire. Les allers retours entre emploi, chômage et formation sont très fréquents. 80% des jeunes enquêtés ont déjà travaillé. De même, la plupart (65%) des jeunes au chômage fin 2013 ont eu au moins 2 contrats de travail au cours des 2 dernières années.

Vie professionnelle : un sentiment mitigé

Globalement, 51% des jeunes éprouvent un sentiment positif sur leur vie professionnelle. Ce sentiment varie fortement selon le niveau de formation.

Moins d’un tiers (29%) des jeunes sans diplôme ont une appréciation positive ou très positive de leur vie professionnelle. Alors que c’est le cas de 81% des diplômés du supérieur. Pour les niveaux intermédiaires, les détenteurs de CAP et BEP sont 51% sur les modalités "positive" et "très positive", et les détenteurs de bac et équivalents se situent à 68%.

76% de ceux qui sont en emploi jugent leur vie professionnelle "positive" ou "très positive" alors que ceux au chômage ne sont que 24% à partager ces sentiments. Le niveau de qualification joue également avec 53 à 56% pour les ouvriers / employés et 86% pour les cadres / techniciens.

Revenus : une nette insatisfaction

Les revenus déclarés par les jeunes (salaires, indemnités chômage...) sont à 72% inférieurs à 1200€ nets par mois. Ils sont même inférieurs à 900 € (seuil de pauvreté) pour 42% d’entre eux. Comme pour le chômage, le niveau de revenu est très différent entre les sans diplôme et les autres. 69% des niveaux infra V ont un niveau de revenu inférieur à 900 € par mois contre moins de 40% pour les autres.

Pour les niveaux post-bac, 45% dépassent 1200€ par mois contre seulement 28% des niveaux V et IV et 9% des niveaux infra V. Là aussi, on note un résultat proche entre le niveau CAP/BEP et le niveau bac. On constate un écart de 19 points en défaveur des femmes pour les revenus situés en dessous de 1200€.

Sur les revenus, l’insatisfaction est nette : seulement 35% d’opinions "positives" ou "très positives" sur l'indicateur de bien-être, et seuls 25% estiment avoir des revenus suffisants. Cette insatisfaction est partagée par tous les jeunes quel que soit leur niveau de formation.

Les diplômés du supérieur sont frustrés du niveau de leurs revenus comme les sans-diplôme ou peu diplômés. Il en est de même pour le niveau de qualification. 51% des jeunes en emploi (qui perçoivent donc un revenu d'activité) ont un indice de bien-être positif et très positif sur les revenus (contre 16% des chômeurs) et 36% trouvent qu’ils ont des revenus suffisants contre 9% pour ceux qui sont au chômage.

 

BIEN-ÊTRE

>> Malgré leurs difficultés d'insertion, 82% des jeunes enquêtés expriment un sentiment positif de bien-être.

Une large satisfaction sur la vie personnelle

Les jeunes accompagnés par la Mission Locale en 2011 expriment de façon globale un sentiment positif sur leur bien-être (82% de réponses positives contre 18% de réponses négatives). Ce résultat rejoint ceux obtenus dans les enquêtes BVA ou CREDOC au niveau national.

Indicateur du bien-être en général.

Le parcours des jeunes interrogés a une forte influence sur ce sentiment de bien-être. Il est nettement plus positif pour les jeunes diplômés du supérieur (79% contre 57% pour l’ensemble), les jeunes en emploi (67%) et les cadres et techniciens (91%).

À l’inverse, on observe un impact négatif du faible niveau d’instruction, du chômage et de l’occupation d’un poste d’ouvrier.

La satisfaction est surtout très forte vis-à-vis des relations affectives (relations
amicales, vie sentimentale et vie familiale).

Majoritairement, une confiance dans l’avenir

La majorité des jeunes (6/10) sont confiants dans l’avenir, mais une inquiétude face à l’avenir est aussi exprimée (41%) avec même 19% de jeunes inquiets et très inquiets.

Ce n'est pas l'emploi qui joue un rôle décisif pour la confiance mais la qualification.
Cette dernière permet d’aborder son avenir plus ou moins sereinement : les cadres et techniciens imaginent davantage pouvoir assurer leur avenir alors que les ouvriers souffrent d'un contexte national et régional (notamment dans l'automobile ou l’agroalimentaire) propice à l'inquiétude.

Les jeunes en formation ainsi que les plus diplômés sont plus confiants que la moyenne (respectivement 46% et 50% contre 38%). Ces derniers peuvent davantage espérer une amélioration de leur situation dans l'avenir notamment en termes de situation professionnelle, de qualification et de revenus.