Le chauffage dans les résidences principales

Le chauffage est le premier poste de consommation énergétique (71%) du secteur résidentiel.
Son impact sur le bilan énergétique global d'un territoire est déterminant. L'observation des modes de chauffage (chiffres 2010) montre qu'il existe un lien très fort entre la typologie urbaine et le type d'énergie utilisé pour chauffer les logements.

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Article paru dans le Barographe n°23, février 2015

Sources

INSEE, traitement AudéLor

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Rozenn Ferrec

Panorama du chauffage en France

En France le premier mode de chauffage est le gaz de ville, à hauteur de 36 %. Ce combustible est surtout utilisé dans les villes dans lesquelles ce réseau de distribution est développé. Vient ensuite l'électricité avec une part de 31 %. Cette énergie s'impose ces dernières années, notamment dans la construction neuve.
Ainsi, en 2007, selon l'enquête sur les prix des terrains à bâtir (EPTB), près de la moitié des particuliers envisageaient de chauffer leur nouvelle maison à l'électricité exclusivement.
Le fioul en troisième position est utilisé pour chauffer 15 % des logements (16 % en province).

La consommation de produits pétroliers en énergie de chauffage a d'ailleurs beaucoup diminué depuis 1980 au profit du gaz et de l'électricité, mais il reste un mode de chauffage très utilisé en milieu rural. Le bois, principal composant de la catégorie "Autre", est le mode de chauffage principal dans 11 % des logements.

La consommation d'énergies renouvelables, dont le bois, a progressé de 26 % entre 2007 et 2012 et représente 15 % des consommations du secteur résidentiel-tertiaire en 2012 (Source SOeS). Enfin le chauffage central urbain (réseau de chaleur) atteint 5 % en France métropolitaine du fait de l'impact de l'Île-de-France, alors qu'il ne représente que 3 % en province. Le recours au gaz bouteille ou citerne est peu fréquent (2 %).

Mode de chauffage dans les résidences principales en 2010

En Bretagne, l'électricité domine

En Bretagne, le premier mode de chauffage est l'électricité avec 37 % des logements. Seuls 25 % des logements sont chauffés avec le gaz de ville, c’est 10 points de moins qu'au niveau national. La région compte une partie rurale importante et la comparaison avec le territoire métropolitain fait ressortir la dichotomie gaz et fioul comme chauffage des villes et chauffage des champs.

Ainsi le fioul, même s'il recule, est encore utilisé dans un logement sur cinq en Bretagne. Le bois y est utilisé dans les mêmes proportions qu'en France.

Pays de Lorient : d'abord le gaz de ville

Sur le Pays de Lorient, comme au niveau national, la première énergie utilisée pour chauffer les logements est le gaz de ville mais le territoire se démarque avec un écart positif de 8 points (43 %). Ce résultat s’explique par le caractère urbain du territoire et sa densité propice au développement du réseau de distribution du gaz de ville. Malgré cette densité, le chauffage central urbain est peu développé avec seulement 1 % des logements qui en bénéficient alors qu’il atteint 2 % en Bretagne, sous l'influence notamment de Rennes et Brest.

Le chauffage au bois et au fioul, plutôt utilisé en campagne est aussi moins représenté sur le territoire avec respectivement 8 % et 14 %.
Le Pays de Lorient avec un territoire périurbain assez important et un parc de logements très majoritairement individuels présente cependant une part de l'électricité à peine supérieure à celle du niveau national (+1 point) mais nettement inférieur (-5 points) au niveau breton.

>> Sur le Pays de Lorient, 3 logements sur 4 sont chauffés au gaz ou à l'électricité.

 

 

Répartition des modes de chauffage en 2010 sur le Pays de Lorient

Des disparités à l'intérieur du territoire

Trois classes de chauffage ressortent. D'abord le gaz de ville, qui concerne surtout les communes autour de la rade. Parmi ces communes, Lorient et Lanester comptent même plus de 60 % de leur parc de logement chauffés avec ce combustible.
Ces deux villes avec Hennebont concentrent une part importante du parc de logements collectifs du territoire et plus de 80 % des logements sociaux. Or ces bâtiments sont plus souvent connectés au réseau de distribution.

L'électricité ensuite, majoritaire dans les communes de première et seconde couronne. C'est le cas de 19 de ces 30 communes. L'électricité est en effet très développée dans les zones pavillonnaires des années 90 - 2000 et encore largement choisie pour la construction neuve de maisons individuelles.

Les communes à l'est du territoire qui ont connu une forte croissance sur cette dernière décennie avec une construction de type maisons individuelles dans un tissu pavillonnaire atteignent jusqu'à 51 % des logements chauffés à l'électricité (Merlevenez).

Parc de logement et mode de chauffage principal sur le Pays de Lorient

L'île de Groix est la commune qui utilise le plus l'électricité comme mode de chauffage dans les résidences principales à hauteur de 62 %. Mais l'insularité de la commune laisse moins de choix quant au mode de chauffage (pas de gaz de ville).

La ville de Ploemeur démontre comment le type de logement (collectif/individuel) d'une part et l'urbanisation (centre, village, hameau, écart) d’autre part, influent sur le type d'énergie utilisée. L'électricité y est le premier mode de chauffage (40 %) au coude à coude avec le gaz de ville (39 %). Cette commune dispose en effet d'un centre-ville assez dense sur lequel est développé le réseau de gaz mais présente plusieurs grands villages de bord de mer et des hameaux plus propices à l'utilisation de l'électricité.

Enfin, le fioul est la première énergie de chauffage pour les 4 communes les plus rurales du territoire comme on l'observe également ailleurs dans les campagnes françaises. Pour ces 4 communes, un peu plus d'un tiers des logements sont chauffés au fioul, Inguiniel atteignant même 40 %. C'est aussi sur ces quatre communes que le bois est le plus utilisé. À Bubry, Quistinic et Lanvaudan, un logement sur trois est chauffé au bois.

 

35 % des maisons individuelles neuves équipées en renouvelable

Le recours aux énergies renouvelables dans la construction des maisons individuelles est assez important sur la région avec 35 % des maisons chauffées par énergies renouvelables seules ou combinées sur l'ensemble des permis délivrés en 2007.